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Archives de Tag: Université de Strasbourg

LE POUVOIR POLITIQUE DES LANGUES

LE POUVOIR POLITIQUE DES LANGUES

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Publié par le janvier 19, 2017 dans Manifestations scientifiques

 

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Colloque Interdisciplinaire « LES FRONTIÈRES »

Colloque Interdisciplinaire « LES FRONTIÈRES »

Université de Strasbourg – CNRS Amphithéâtre Cavaillès
6 – 7 octobre 2016

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Publié par le septembre 20, 2016 dans Manifestations scientifiques

 

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APPEL A CONTRIBUTION : « Les réseaux sociaux numériques. Un espace de liberté à prendre ou une utopie mort-née ? »

APPEL A CONTRIBUTION

 

Colloque international, Strasbourg, LISEC /Misha /IUT Robert Schuman

23-25 novembre 2015

 

« Les réseaux sociaux numériques. Un espace de liberté à prendre ou une utopie mort-née ? » Capture d’écran 2015-02-04 à 22.22.17

 

Les réseaux sociaux numériques (RSN) prennent une part croissante dans les échanges médiatés communicationnels. Si le principe des réseaux sociaux n’est pas une spécificité du XXIème siècle, leur place dans l’Internet a permis leur extension, qui, par son ampleur et ses formes, ne trouve aucun précédent. Le nombre des contributeurs augmente régulièrement. La variété des fonctionnalités des RSN rend difficile une approche de chaque support. Néanmoins, il est possible de retrouver des traits communs entre Facebook, Tweeter, Youtube ou Flickr. Les pouvoirs publics, les sociétés privées, les médias évoquent les RSN comme une contribution très positive à l’avenir économique et au tissu social. D’autres les voient comme des outils permettant l’expression des minorités et de la diversité culturelle. Face à ces enthousiasmes qui ne sont pas sans en rappeler d’autres (le Minitel en France, ou l’informatique des débuts par exemple), il s’agit de proposer une approche critique, pour faire le bilan de leurs usages ou en envisageant, par exemple, les exclus des RSN ou les dévoiements du système par les pouvoirs politiques ou autres.

Ce colloque veut envisager les conséquences du développement des RSN dans différentes directions en favorisant une approche interdisciplinaire. De nombreux domaines peuvent être envisagés : politique, droit, international, économique, touristique, culturel, sécuritaire, social,…

Axe 1 : Relations et interactions des RSN dans leur écosystème – Impacts sociétaux

Les RSN sont d’abord examinés dans leur contexte de « réseau(x) de réseau », en l’occurrence l’Internet, et plus largement dans l’environnement physique qui en permet l’accès et l’échange de leurs communications : les réseaux de télécommunications. Ces réseaux reposent sur un modèle représentatif – dit modèle en couches (infrastructures, liaisons, services) – qui montre les relations et interactions à divers niveaux et permet d’en comprendre le potentiel et la complexité, mais aussi les risques qui en découlent.

Ce cadre relationnel forme les bases constitutives d’un véritable écosystème où les échanges croissent de manière quasi exponentielle du fait surtout de leur nature matricielle. Cet écosystème génère des flux financiers au prorata de l’audience et des flux de communications et aboutit à l’établissement d’un système d’oligopoles à l’échelle mondiale. Il importe donc d’analyser les aspects économiques de même que les aspects de gouvernance des RSN (traités en particulier par le Forum sur la Gouvernance de l’Internet (FGI), mais relevant aussi des domaines des lois et des règlements internationaux) dans le cadre de leur environnement de manière holistique, donc interdisciplinaire, voire transdisciplinaire.

On pourra alors examiner les RSN sous l’angle de leurs pratiques et de leurs usages y compris leur représentativité dans leurs sociétés respectives et, en les croisant avec les contenus échangés, identifier et évaluer les impacts sociétaux. Cet examen implique la prise en compte de problématiques communicationnelles (« Infocom ») autant que sociologiques et comportementales pour conforter le bien-fondé des impacts identifiés, démontrant ainsi la pertinence de la démarche interdisciplinaire dans l’activité de recherches en matière de RSN.

Axe 2 : les RSN donnent-ils un accès au(x) pouvoir(s) (empowerment) aux internautes ?

L’internaute lambda a le droit à l’expression et peut avoir le sentiment d’être lu ou entendu sur les RSN. En cela, ces derniers relèveraient d’une utopie, celle de la démocratie intégrale pour les pays riches, d’une démocratie en devenir pour les pays en développement (ped). Mais il faut analyser l’impact des RSN sur l’exercice ou l’avènement de la démocratie, en portant par exemple une attention particulière aux pays en développement (Afrique).

De même que les recherches sur le « journalisme citoyen » ont montré les limites de ce concept, de même peut-on s’interroger sur les limites du Web 2.0. Les RSN permettent aussi à certains individus de devenir en quelques années des acteurs mondiaux, tel Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook. Les révélateurs d’actes militaires graves ou de la surveillance mondiale par les Etats-Unis comme Edward Snowden ou Julian Assange en sont d’autres exemples. Mais comme dans le « journalisme citoyen », on peut constater une professionnalisation des RSN qui peut se traduire par des dérives telles que les robots générateurs de « likes » payants, source de profits réalisées par la vente de données personnelles à des tiers. Comment gérer la protection des données personnelles des RSN ? Quelles conséquences cela a-t-il sur ce que certains appellent un vent de liberté qui souffle sur l’Internet ? A partir du moment où l’éthique fait partie des RSN, quelle forme lui donner ? Il faut également examiner pourquoi les RSN sont un lieu privilégié des jeunes et en quoi leurs usages varient selon les générations et les régions du monde.

Axe 3 : Langues, cultures et RSN

La diversité linguistique a indéniablement profité du développement d’Internet, comme le montre l’acceptation de l’usage de caractères non latins jusqu’aux noms de domaines. Qu’en est-il pour les RSN ? Sont-ils un élément favorable pour les relations au sein d’une culture et entre les cultures ? Si oui, de quelle manière ? Les minorités culturelles en profitent-elles ? Existe-t-il des exemples significatifs de RSN transfrontaliers qui cassent les barrières de l’Etat-nation ? A propos de l’Ecosse, de la Catalogne ou de l’Egypte, les médias ont attribué un rôle essentiel aux RSN dans l’évolution. Ne faut-il pas être plus prudent dans les jugements et envisager d’autres leviers plus puissants ? Quelle aide peuvent apporter les RSN à une initiative comme net.lang, portée entre autres par l’Unesco et l’Organisation internationale de la francophonie ? Quelles sont les possibilités d’expression des diversités linguistiques et culturelles qu’offrent les RSN ? Quel a été le rôle de la société civile, notamment au sein du SMSI, pour les développer ? Les pratiques des RSN diffèrent-elles de celles de l’Internet ? Derrière ces questions se profile celle de la diversité culturelle et des identités au sein d’un monde qui tend à la fois vers la globalisation, mais aussi vers la localisation. Enfin se pose la question de la norme linguistique. Dans la mesure où les RSN permettent l’expression de la diversité linguistique, ceux-ci renforcent-ils ou affaiblissent-ils la norme ?

Comité scientifique du colloque:

Stefanie Averbeck-Lietz, Université de Brême, Allemagne ; Samin Akgonul, Université de Strasbourg, France ; Francis Barbey, Université catholique d’Afrique de l’Ouest, Côte d’Ivoire ; Mohamed Ben Dahan, Université de Rabat, Maroc ; Bertrand Cabedoche, Université de Grenoble, France ; Emmanuelle Chevry-Pebayle, Université de Strasbourg, France ; Larbi Chouika, Université de Tunis, Tunisie ; Annik Dubied, Université de Neuchâtel, Suisse ; Pascale Erhardt, Université de Strasbourg, France ; Divina Frau-Meigs, Université de Paris 3, France ; Jean-Louis Fullsack, expert UIT, Strasbourg France ; Gilles Gauthier, Université Laval, Canada ; Alain Kiyindou, Université de Bordeaux, France ; Annie Le Noble-Bart, Université de Bordeaux, France ; Normand Landry, Université de Montréal, Canada ; Michel Mathien, Université de Strasbourg, France ; Vincent Meyer, Université de Nice-Sophia-Antipolis, France ; Klaus Neumann-Braun, Université de Bâle, Suisse ; Gina Puica, Université de Suceava, Roumanie ; Claude Régnier, Université de Strasbourg, France ; Yeny Serrano, Université de Strasbourg, France ; Olivier Thévenin, Université de Haute-Alsace, France ; Marc Trestini, Université de Strasbourg, France ; Philippe Viallon, Université de Strasbourg, France ; Thomas Weber, Université de Hambourg, Allemagne

Comité d’organisation :

Rémy Bols, Université de Strasbourg ; Maxime Brigmanas, Université de Strasbourg ; Emmanuelle Chevry-Pebayle, Université de Strasbourg ; Juliette Kiehl, Université de Strasbourg ; Johanna Leclercq, Université de Strasbourg ; Ornella Mazan, Université de Strasbourg ; Gabriela Rotar, Université de Strasbourg ; Véronique Schilling, Université de Strasbourg ; Yeny Serrano, Université de Strasbourg ; Frédéric Tendeng, Université de Strasbourg ; Philippe Viallon, Université de Strasbourg

Eléments pratiques

La proposition d’intervention se fera sous la forme d’un résumé en français, en allemand ou en anglais d’environ 500 mots indiquant l’axe choisi, la problématique développée, la ou les hypothèses ainsi que la méthodologie retenue. Une courte bibliographie des références sera jointe. La proposition devra parvenir

avant le 15 avril 2015

à l’adresse suivante : lisec-chaire-unesco@unistra.fr. Elle comportera une première page indiquant les noms et prénoms du ou des auteurs, leur unité de rattachement, leur adresse postale et électronique, leur numéro de téléphone. Le texte commencera sur la deuxième page et n’aura aucun signe distinctif.

Les propositions seront analysées en double aveugle par le comité scientifique. Les réponses seront communiquées fin mai aux auteurs. Une revue en SIC va être approchée pour publier un numéro consacré à ce thème. Les textes écrits seront demandés après le colloque afin de bénéficier des discussions suscitées.

Prix de la participation 

Tarif normal : 140 € pour trois jours.

Tarifs réduits : 70 € pour les doctorants hors UdS, 0 € pour doctorants et étudiants UdS (inscription obligatoire).

Le prix comprend les pauses, 2 déjeuners au CROUS, 2 dîners dans des restaurants, la sortie en bateau, la visite des caves des hospices et la documentation.

 
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Publié par le février 4, 2015 dans Calls / Appels

 

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Trois arbres à Istanbul 8/10 de Sedef Ecer

Trois arbres à Istanbul 8/10 de Sedef Ecer

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Invité du jour : Samim Akgonul, historien et politologue Université de Strasbourg, CNRS

 

« Gezi est profondément politique. Au sens noble du terme.  Nous l’avons compris en juin 2013, nous le comprenons mieux aujourd’hui, après quatre mois de forums populaires, après des discussions enthousiastes sur tous les sujets, après une prise de conscience que cette nation sera un plébiscite de tous les jours, ou ne sera pas. Ce sont des gens, jeunes souvent, mais aussi des moins jeunes qui se sont rajeunis, qui ont exprimé une volonté claire : celle de ne plus subir mais d’agir, celle de ne plus être des objets de la politique mais des sujets à part entière, celle de pouvoir influer sur la vie qu’elles et ils mènent dans leur Polis, dans leur espace de vie.

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Publié par le octobre 31, 2013 dans Media

 

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Peut-on parler d’un « printemps turc » ?

Peut-on parler d’un « printemps turc » ?

radio vatican

out est parti du projet de construction d’un centre commercial, prévu à la place d’un parc public à Istanbul. Depuis vendredi, la protestation contre ce projet s’est transformée en manifestation massive contre le pouvoir en place, et s’est étendue au reste de la Turquie.

A Ankara, la capitale, la police a utilisé lundi soir des gaz lacrymogènes et de canons à eau. Les affrontements entre forces de l’ordre et manifestants auraient déjà fait plus de mille blessés à Istanbul et au moins 700 à Ankara. Deux jeunes hommes sont morts, l’un à Istanbul et l’autre à Hatay, près de la frontière syrienne dans le sud du pays.

C’est la première fois que le pouvoir en place doit faire face à un tel mouvement de contestation. L’AKP, le parti du Premier Ministre Recep Tayyip Erdogan, est à la tête du pays depuis 2002.
Parmi les manifestants, certains reprochent à Erdogan d’être trop conservateur et de vouloir « islamiser » la société turque.
Mais pour Samim Akgonul, chercheur au CNRS et professeur à l’Université de Strasbourg, cette contestation n’est pas du tout identitaire. Il est interrogé par Antonino Galofaro. RealAudioMP3

Samim Akgonul souligne que si les similitudes existent entre ce qu’est en train de vivre la Turquie et les « printemps arabes » (jeunesse, utilisation des réseaux sociaux, occupation longue), les manifestants turcs ne sont pas face à un dictateur qui a pris le pouvoir par un coup d’Etat.
De son côté, Erdogan réfute le terme de « printemps turc », qualifiant les manifestants d' »extrémistes » ayant des « liens » avec l’étranger.

Protestations Turquie : la société civile contre l’autoritarisme

Le premier ministre Erdogan a lancé un appel au calme lundi matin alors que les manifestations ont continué dans la nuit de dimanche à lundi. Des centaines de blessés ont été répertoriés et peut-être même deux morts depuis le début des manifestations vendredi soir. La violence de la répression policière sur les manifestants a déclenché la réaction des partenaires étrangers, Etats-Unis et Union Européenne en particulier, et les excuses du premier ministre. Chercherait-il à redorer son image internationale, ternie par les affrontements ?
La Bourse en effet en chute lundi, signe de l’inquiétude des investisseurs après ce week end agité. La pérennité du parti Justice et Liberté (AKP) et de son chef Recep Tayyip Erdogan au pouvoir depuis 2003 est principalement due à la croissance économique. Elle permettait jusqu’ici de compenser l’ autoritarisme croissant, la destruction des fondations laïques de la société turque moderne, le capitalisme à outrance, la limitation de l’Etat de droit et de la liberté d’expression.

Capitalisme islamique

A l’origine de ces révoltes : un ultime plan d’aménagement urbain, qui prévoit l’expulsion d’habitants de certains quartiers, moins d’espaces verts pour un nouveau centre commercial, l’édification d’un nouveau pont sur le Bosphore ou encore la construction de la plus grande mosquée de Turquie .
En toile de fond se trouve aussi l’ islamisation progressive de la société: restrictions sur l’alcool et les avortements, diffusion du port du voile islamique. En d’autres termes, le rejet de la civilisation européenne et de l’héritage du laïcisme moderne d’Atatürk vers un capitalisme islamique peu cohérent avec la société turque.
Ce mouvement de protestation en Turquie n’est pas comparable aux printemps arabes : le premier ministre Erdogan a été élu démocratiquement, à trois reprises, et est toujours soutenu par une forte majorité de la population, très conservatrice. Les réussites de l’AKP sont nombreuses : croissance économique, disparition de la menace de coup d’Etat et perte de pouvoir de l’armée. La Turquie a même été érigée en modèle régional et international de conciliation entre islamisme modéré et démocratie

Démocratie autoritaire

Les Turcs ont vu leur liberté et leur pouvoir politique augmenter ces quinze dernières années, puis se restreindre plus récemment avec l’autoritarisme croissant du premier ministre, qui se rêve en nouveau sultan. Recep Tayyip Erdogan ambitionne de présidentialiser le régime, en commençant par les élections présidentielles de 2014, qu’il compte bien remporter. Elles seront pour la première fois au suffrage universel direct.
Le contrôle de la presse est fort: la Turquie est le pays avec le plus grand nombre de journalistes emprisonnés, les médias n’ont pas couvert les manifestations pendant les deux premiers jours par peur de représailles, Twitter est considéré comme une « menace pour la société turque » par le premier ministre. Si l’on ajoute la faiblesse de l’opposition institutionnelle, rien ne semblait pouvoir empêcher la réalisation des desseins du premier ministre Erdogan.

Si une démocratie se juge à la force de sa société civile, la contestation actuelle est une bonne nouvelle pour la république de Turquie. Les Turcs ont montré ces derniers jours qu’ils refusent la dérive autocratique de leur premier ministre. La société civile est mature, et pas seulement pour une élite urbaine : la contestation, partie d’Istanbul, s’est vite répandue à la capitale Ankara et aux villes de province. Les évènements récents prouvent que les Turcs, s’ils soutiennent toujours Recep Tayyip Erdogan, ont leur mot à dire sur la conduite de l’Etat. (J.Degosse)

 
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Publié par le juillet 14, 2013 dans News

 

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Printemps arabe Identitaire ou social?

Printemps arabe Identitaire ou social?

 

Samim Akgönül / Université de Strasbourg

Objektif Gazete

Avril 2013

Printemps arabe dit-on, pour qualifier les bouleversements qui ont fait chavirer les régimes autoritaires de la méditerranée orientale. Double raccourci s’il en est.

Certes, la métaphore saisonnière indique bien que ces pays sont au sortir de l’hiver, d’un hiver privé de liberté, de partage de prospérité, de l’obscurité oppressante d’un hiver interminable. Et pourtant, qui dit printemps, dit que cela va être suivi d’un été caniculaire, d’un automne orageux, et inexorablement, d’un nouvel hiver aussi froid que noir… La métaphore rappelle un cycle. Qui dit cycle, dit cercle vicieux. S’agit-il vraiment d’un cycle? Ou, sommes nous témoins d’une saison dont on n’a pas encore inventé le nom, où  les peuples de la méditerranée ne seront plus condamnés à vivre l’hiver succédant?
Arabe, dit-on ensuite, collant à ces révolutions un qualificatif ethnique, donnant l’idée qu’elles ne concernent que des … Arabes et niant de fait, du moins occultant, leur caractère universel: la réclamation d’une vie meilleure pour tout le monde. Sinon comment comprendre la vague de contestation en Grèce, qui perdure depuis trois ans et ce, indépendamment de la faillite de l’Etat grec? Comment expliquer que le mouvement des indignés ait eu autant de succès en Espagne où les jeunes n’essayent pas de faire dégager une dictature tangible, mais une dictature systémique? Comment enfin expliquer ces centaines de millier d’Israéliens qui manifestaient chaque jour pour des jours meilleurs. Doit-on ajouter, la vague de contestation émanant de banlieues défavorisées de Paris ou de Londres? Non, ce printemps est aussi méditerranéen qu’arabe, voire universel. Lui coller un qualificatif ethnique ou religieux, c’est de lui nier son caractère résolument social.
Ce qualificatif ethnique et national a une autre ambiguïté, celle de donner aux opinions publiques occidentales, l’idée d’une lutte identitaire. Or, c’est exactement l’inverse qui s’est produit, qui se produit. Longtemps, beaucoup trop longtemps, les démocraties occidentales se sont reniées en soutenant les régimes dictatoriaux de peur qu’ils soient remplacés par des chimères du communisme d’abord, de l’islamisme de suite.
Tout au long de la guerre froide, la rivalité idéologique a justifié le soutien aux dictatures, voire à l’instauration de ces mêmes dictatures avec l’aide des armes occidentales, de l’argent occidental, de l’aide logistique, du la rhétorique même. Après l’autodestruction des régimes dits communistes, alors que les optimistes rêvaient d’une fin de l’histoire, donc d’une fin des inégalités et de guerres, nous avons créé un autre « autre », celui de civilisation, de l’islam et de l’islamisme.
Un spectre serait en train de hanter la méditerranée, celui de l’islamisme sanguinaire et archaïque. Il fallait donc continuer à soutenir ces régimes ubuesques parce que sinon, s’ils partent, ces peuples ne seraient pas capables de s’autogérer, d’instaurer des régimes égalitaires, et seraient tombés entre les mains des islamistes.
Or, nous nous sommes trompés. Nous avons trompé nous mêmes pendant deux décennies pour justifier hypocritement pour certains, sincèrement pour d’autres, l’oppression des peuples entiers, par des régimes de main de fer, ne laissant aucun espace à l’opposition démocratique.
Nous nous sommes trompés parce que ce printemps arabe n’est pas identitaire, du moins à l’origine. Ces révolutions qui ont balayé les peurs avec leur dictateur n’ont pas fait les leurs, les revendications religieuses ou ethniques, du moins à l’origine, encore.
Tout n’a-t-il pas commencé le 17 décembre 2010, par l’immolation d’un jeune homme,  Mohamed Bouazizi, 26 ans, non pas parce que son groupe ethnique était opprimé, non pas parce qu’il ne pouvait pas pratiquer sa religion, mais parce qu’il était diplômé mais au chômage, mais parce qu’il avait été obligé de devenir un marchand ambulant de fruits et des légumes et que la police avait confisqué sa marchandise. Par un malaise social, non pas identitaire. Qui se souvient encore de la photo de Ben Ali, au chevet du brulé, mine de circonstance, sans se douter ce qui se tramait dans les bas fonds de Sidi Bouzid ou de Tunis?
Tout au long de ce jeu de domino, nous n’avons pas entendu, dans aucun des pays de la méditerranée orientale, la revendication d’un groupe ethnique qui demandait une supériorité à son groupe. Nous n’avons pas entendu un groupe religieux qui réclamait plus de sharia, ou moins de sharia. En Tunisie, le conflit n’était pas entre islamistes et laïcs, en Egypte la Place Tahrir n’était pas scène d’affrontements entre musulmans et coptes, en Lybie, les tribus ne se sont pas battues, en Syrie, ce n’est pas la majorité sunnite qui se révolte contre la minorité alaouite au pouvoir. Nous avons entendu des réclamations de plus de droits, de plus d’égalité, de plus de prospérité, de plus de liberté, de plus de démocratie, de plus de l’Etat de droit. Des valeurs, sommes toutes, assez occidentales, non?
Qu’ici ou là, ces mobilisations sincères soient récupérées par tel ou tel groupe ethnique, tel ou tel groupe religieux, ne change pas le fond de l’affaire. La mobilisation identitaire est toujours plus facile que la mobilisation sociale. La visibilité des islamistes d’après la chute des dictatures, ou pendant l’opposition à la Dictature Essad ne doit pas tromper. Après la victoire d’l’identité n’était pas le leitmotiv du printemps arabe, pas le premier en tout cas. Après avoir fermé la parenthèse des altérités idéologiques de la Guerre froide, sommes-nous en train de fermer la parenthèse des altérités ethniques, nationales, religieuses? Voici la vraie question. En fait, la vraie question est plus complexe: les puissances occidentales permettront-elles les peuples de la méditerranée orientale de dépasser les questions ethniques, nationales et religieuses et atteindre à l’aspiration d’une prospérité juste, dans des démocraties libérales… à l’occidentale? Car les peuples ne sont pas dirigés par les régimes qu’ils méritent, loin s’en faut, cela est un mythe occidental.
En effet, où est l’Europe dans toute cette affaire ? Est-ce que les capitales européennes ont compris l’universalité des messages émanant des places Tahrir des capitales méditerranéennes, ou sont-elles préoccupées uniquement par des flux migratoires, jugés dangereux, susceptibles de forcer la citadelle Europe? Car il a suffi la révolution tunisienne pour que commence à circuler l’idée de la révision de Schengen, à cause de quelques milliers de Tunisiens et de Libyens par la suite, tentant de s’échapper vers l’Italie et la France. Ces exils, créeront-ils de nouvelles diasporas, illégitimes dans leurs terres d’accueil, incapables de se reconstruire dans leur statut de peuples non grata. Certes, la France et les Etats Unis, étaient fortement impliqués dans la révolution libyenne, après avoir accueilli la tente du colonel Kaddafi dans le parc de l’Hôtel Marigny pour la première et après avoir soutenu les services secrets du colonel contre les rebelles pour le second. Le temps de négocier le partage de la manne de pétrole étant venu, les deux pays sont en première ligne. Que dire d’une Turquie qui a soutenu Bachar El Assad pendant 10 ans et qui lui tourne le dos, de peur d’une migration de masse vers ses frontières, de peur de l’instauration d’une région autonome kurde au nord, mais aussi, pour garder (accroître?) son hinterland dans le proche orient. Quoi qu’il en soit, ni Ankara, ni Téhéran, ne sente en sécurité face à des revendications sociales. En réalité, bien naturellement, ce « printemps » a déjà effleuré l’Iran lors de la deuxième élection d’Ahmédinedjad, et il est en cours en Turquie vus les efforts considérables déployés de part et d’autre pour régler la question d’ethno-classe kurde sans une révolte de masse.

 
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Publié par le mai 12, 2013 dans Media

 

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Le PKK a commencé son retrait de Turquie

Le PKK a commencé son retrait de Turquie

2013-05-09 Radio Vatican

PKK

Les rebelles kurdes du PKK ont commencé à se retirer hier de Turquie. C’est ainsi une nouvelle étape qui est franchie dans le cadre d’un processus de paix. Le but : mettre fin à près de 30 années de conflit. Ce retrait s’annonçait délicat. « Les combattants doivent sans doute profiter de la nuit pour se replier » vers les bases arrières du PKK dans le Kurdistan irakien, a précisé le député kurde, Selahattin Demirtas, co-président de la principale formation pro-kurde légale de Turquie, le Parti pour la paix et la démocratie (BDP).

Le PKK restera fidèle à son engagement de retrait

Une combattante du PKK utilisant le pseudonyme de Delal Amed a confirmé à l’agence pro-kurde Firat News un début de retrait, tout en mettant en garde Ankara. « Même si nos forces se retirent au-delà de la frontière, la guérilla n’hésitera pas, si nécessaire, à résister » contre toute attaque, a-t-elle dit. Selon le HPG, l’aile militaire du PKK, les premiers groupes de rebelles doivent parvenir « en l’espace d’une semaine » dans leurs bases irakiennes. Le PKK a ajouté qu’il resterait fidèle à son engagement de quitter le territoire turc dès lors qu’il n’était pas attaqué par les forces turques. M. Demirtas s’est lui aussi inquiété de l’intervention possible de « forces » autres que celles de l’armée pendant ce repli.

Malgré tout, le risque de déstabilisation le plus grand pèse en fait sur… la Syrie comme l’explique Samim Akgonul, chercheur au CNRS et professeur à l’Université de Strasbourg, à Olivier Tosseri

 
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Publié par le mai 10, 2013 dans Media

 

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