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La Turquie dans le piège de la crise syrienne

14 Jan

La Turquie dans le piège de la crise syrienne

Samim Akgönül

Depuis une dizaine d’années, la politique régionale de la Turquie se caractérise par ses revirements et ses changements de cap. Désormais, Ankara est empêtrée dans la crise syrienne, prise en tenailles entre la revendication kurde et les attentats de l’organisation de l’État islamique.

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Le 19 décembre 2016, à la veille de l’ouverture du sommet Turquie-Russie-Iran au sujet de la Syrie, un policier turc abattait l’ambassadeur de la Russie Andreï Karlov à Ankara. Le corps criblé de neuf balles du diplomate allongé à ses pieds, l’assassin hurlait face à la caméra des slogans djihadistes et nationalistes en arabe (avec un mauvais accent) et en turc à propos d’Alep. Cet assassinat jouera sans doute un rôle important dans les recompositions conjoncturelles d’alliances, tandis que la réunion tripartite confirmait la Russie comme acteur principal au Proche-Orient, imposant sa volonté aux autres prétendants au rôle de leader régional. L’Iran est apparu pour sa part comme la puissance chiite stable qui défend également ses intérêts, notamment avec sa politique lente et souterraine de soutien aux alaouites. La Turquie en revanche a dû changer de politique étrangère, bien malgré elle et pour la énième fois, empêtrée dans le bourbier du Proche-Orient qu’elle connaît décidément très mal.

Jamais la politique étrangère turque n’était passée par une période si incertaine et si dangereuse. Dangereuse pour la Turquie et sa population, tétanisée — telle un lapin face aux phares d’une voiture sur le point de l’écraser —, sous les projecteurs constants de l’ensemble des médias, qui sont aux ordres. Mais dangereuse aussi pour la région, voire pour l’Europe entière. Cette situation est certainement due au chaos qui règne dans le Proche-Orient, mais également à une inconsistance pathologique dans la politique interne et externe d’Ankara. Ce n’est pas tant que la Turquie a fait les mauvais choix et pris de mauvaises décisions — chose courante en politique étrangère —, c’est plutôt qu’elle n’a pas fait de choix clair, donnant l’image d’un État en faillite auquel ni ses partenaires historiques ni ses alliés conjoncturels ne peuvent faire confiance.

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Publié par le janvier 14, 2017 dans Media, News

 

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