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Comité international de soutien aux Universitaires pour la paix

24 Mar

Comité international de soutien aux Universitaires pour la paix

 

 

Une conférence aura lieu à l’École des hautes études en sciences sociales le mercredi 13 avril, de 14h à 17h30

(amphithéâtre François-Furet, 105 boulevard Raspail, 75006 Paris),

sur la répression dont sont victimes les universitaires de Turquie dans leur action pour la paix. Cette conférence doit présider à la création d’un :

« Comité international de soutien aux Universitaires pour la paix (Academics for Peace International Support Committee/ Barış İçin Akademisyenlerle Uluslararası Dayanışma Komitesi) »

 

esra_mungan_muzaffer_kaya_kivanc_ersoy_[1]

Avec la participation du Groupe international de travail « Liberté de recherche et d’enseignement en Turquie » (GIT), de la section EHESS de la Ligue des droits de l’homme,, de l’Association française de science politique, d’enseignants-chercheurs des universités Paris-Descartes, Paris 10, Paris 8, Paris 1, Strasbourg, etc. Des communications par voie électronique seront établies avec des collègues de Turquie.

Forte de nombreux chercheurs, universitaires, enseignants et étudiants, la Turquie est le théâtre depuis de nombreuses années de violation systématique de la liberté de recherche et d’enseignement à laquelle cette communauté intellectuelle et la société civile sont très attachées. Cette répression s’est accentuée depuis 2010, par l’usage de plus en plus fréquent de la loi « anti-terreur » qui a débouché sur des procès et des mises en détention pour « terrorisme » ou « complicité de terrorisme ». D’éminentes figures de la recherche et de sa transmission, comme la constitutionnaliste Buşra Ersanlı et l’éditeur Ragıp Zarakolu, ont été emprisonnés préventivement dans l’attente de procès interminables, contraires aux droits élémentaires des justiciables. La solidarité s’est organisée en France et dans le monde, avec la création notamment du Groupe international de travail « Liberté de recherche et d’enseignement en Turquie » (GIT).

Une nouvelle étape de la criminalisation de la recherche et de l’enseignement a été franchie par les poursuites, pour les mêmes motifs de « terrorisme », de l’ensemble des signataires (1128) d’une pétition annonçant, le 10 janvier 2016, qu’ils ne seront pas « complices de ce crime ». Universitaires, chercheurs, intellectuels de Turquie entendent par cette déclaration solennelle s’opposer aux opérations massives de guerre de l’Etat turc dans les régions à majorité kurde du pays confrontées à la lutte armée de l’organisation PKK. Se plaçant du côté de la société et de sa survie, les signataires estiment qu’il est du devoir des pouvoirs publics d’assurer la sécurité des populations plutôt que de les soumettre à la terreur. Ils appellent à la relance du processus de paix avec le PKK que le gouvernement a unilatéralement stoppé avant de reprendre le cours d’une « guerre de trente ans » contre les Kurdes de Turquie. Le 18 janvier 2016, une réunion d’information est organisée à l’EHESS. De nombreux textes de protestation ainsi que des pétitions internationales sont lancées dont celle de France (gitfrance.fr). Plus de plus de 10 000 universitaires, journalistes, cinéastes, syndicalistes, membres de professions libérales…. expriment ainsi publiquement dans le monde leur solidarité en faveur des « Universitaires pour la paix ».

La 15 mars dernier, trois d’entre eux (photographie), signataires de la pétition et organisateurs d’une conférence de presse (10 mars) sont arrêtés sur ordre du procureur adjoint d’Istanbul au motif de « propagande pour une organisation terroriste ». Esra Mungan (Université Bogazici), Muzaffer Kaya (renvoyé de l’Université de Nisantasi) et Kıvanç Ersoy (Université Mimar Sinan) sont placés en détention dans l’attente de leur procès.

Ces entreprises de persécution massive de la liberté de recherche et d’enseignement traduisent une très inquiétante situation de violence d’Etat en Turquie, au moment même où l’Union européenne confie à ce dernier pays le sort des réfugiés du Moyen-Orient arrivant sur son sol. L’ampleur de la mobilisation académique dans le monde rend possible la création d’un Comité international de soutien aux Universitaires pour la paix, objet de la conférence du 13 avril 2016 à l’EHESS.

 

 

 

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