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Ce que cherche Recep Tayyip Erdogan en Afrique

28 Jan

Ce que cherche Recep Tayyip Erdogan en Afrique

 

Les hésitations de la politique étrangère turque

Orient XXI > Magazine > Samim Akgönül > 28 janvier 2015

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’est rendu cette semaine en Afrique de l’Est en commençant par l’Éthiopie puis, après une interruption au milieu de son programme pour assister aux obsèques du roi Abdallah d’Arabie saoudite, à Djibouti et en Somalie. L’engouement d’Ankara pour l’Afrique est relativement récent, et en rupture avec la politique étrangère traditionnelle de la Turquie.

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e n’est pas la première fois que l’on est témoin de l’inconsistance de la politique étrangère turque, plus conjoncturelle que structurelle. La première rupture avait eu lieu au lendemain de la seconde guerre mondiale. Après une politique quasi-isolationniste, la Turquie avait dû choisir son camp. Elle était devenue partie du monde occidental, plus ou moins soumise à la puissance américaine. Un virage — certes timide — s’est opéré dans les années 1960, quand l’unilatéralisme (américain) a commencé à être jugé dangereux et inopérant, Ankara tentant de diversifier ses partenaires, de l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) à la Communauté économique européenne (CEE). Mais le cap restait identique : l’Occident, autant en tant qu’objectif stratégique que projet civilisationnel.

Les choses changent à partir des années 1990. Des approches néo-ottomanistes et néo-panturquistes1 réhabilitent le passé ottoman à l’intérieur du pays et dans les relations extérieures. La période de la présidence de Turgut Özal (1989-1993) est celle où les Balkans reviennent dans la ligne de mire d’Ankara. Mais c’est surtout les républiques «  turcophones  » de l’Asie centrale, fraîchement libérées de l’ex-Union soviétique, qui ont remis au goût du jour la volonté de se poser en leader du monde turcophone. Cependant c’est un échec cinglant. Non seulement la Russie et l’Iran ne laissent pas le terrain libre à la Turquie dans leur hinterland mais de surcroît, ces Républiques centrasiatiques apprécient peu le comportement paternaliste d’Ankara.

À partir de la deuxième moitié des années 1990, avec la montée de l’islam politique en Turquie, le cap a changé à nouveau. Millî Görüş, le mouvement fondé par Necmettin Erbakan dans les années 1970 commence à dominer petit à petit la scène politique, en promouvant l’islam sunnite et surtout en diabolisant cet Occident mécréant. Le pouvoir actuel, issu de la scission de ce mouvement en 2001 a opéré deux accélérations spectaculaires au début des années 2000 : l’une à propos des réformes européennes jusqu’en 2007  ; l’autre dans le réchauffement des relations avec les voisins qui s’est avéré plus idéologique (islam politique) que stratégique. Plus le pouvoir de Recep Tayyip Erdogan se personnalisait, plus les relations étrangères devenaient irrationnelles, avec l’objectif évident de prendre le leadership du monde musulman.

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Publié par le janvier 28, 2015 dans Media

 

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