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Dérive islamiste en Turquie: la sécularité recule, l’Europe s’éloigne

08 Août

Dérive islamiste en Turquie: la sécularité recule, l’Europe s’éloigne

Entretien avec Samim Akgonul, historien et politologue, spécialiste de la Turquie, et Maître de conférences à l’Université Marc Bloch de Strasbourg.

Critiqué pour ses mesures autoritaires et sa «dérive islamiste», le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, espère pourtant bien remporter l’élection présidentielle dès le premier tour, le 10 août prochain. Après avoir pris à bras le corps la question de l’intégration de la Turquie dans l’Union européenne, à son arrivée au pouvoir, le fondateur de l’AKP a pris ses distances avec ce projet, éloignant le pays des valeurs laïques et européennes.

erdogan_okLe Premier ministre turc, candidat à l’élection présidentielle, Recep Tayyip Erdogan – Photo DR Shutterstock

JOL Press : Depuis que Recep Tayyip Erdogan est arrivé au pouvoir, il y a douze ans maintenant, la Turquie a-t-elle progressé dans le processus d’intégration à l’Union européenne ?

Samim Akgonul : De 2002 à 2005, le nouveau gouvernement d’AKP a, peut-être pour la première fois, pris à bras le corps la question de l’intégration européenne. Ceci était d’une part sincère, avec une volonté réelle de changement pour sauver la Turquie de ses vieux démons autoritaristes et militaristes ; mais d’autre part, instrumentalistes dans la mesure où l’AKP a utilisé les réformes européennes pour se débarrasser de l’armée et pour s’agréger le soutien des libéraux. Le fait est que de 2002 à 2005, une petite dizaine de « paquets » de réformes ont vu le jour, transformant le régime du pays en profondeur. Or, après 2005, mais surtout après les élections de 2007, l’AKP n’a plus eu besoin de l’Europe.

Pendant cette période, l’UE a beaucoup perdu de son rôle de carotte et du bâton et depuis l’intégration européenne est tout à fait au second plan. Désormais, le gouvernement en la personne de Recep Tayyip Erdogan, applique une politique autoritaire et par conséquent éloigne la Turquie des valeurs européennes. Il faut tout même préciser que pendant la même période, crises politiques et économiques obligent, l’UE a beaucoup perdu de son attractivité et les atermoiements s’agissant l’intégration de Turquie irritent plus que jamais dans les couches populaires de ce pays.

JOL Press : Recep Tayyip Erdogan, candidat à l’élection présidentielle le 10 août prochain, a déclaré en 2013 que la Turquie n’avait pas de leçon à recevoir de « certains pays européens ». Comment expliquer un tel changement de discours sur sa volonté d’entrer dans l’UE, entre 2003 et aujourd’hui ?

Samim Akgonul : Il y a une conjoncture interne et une conjoncture externe. En interne, surtout depuis 2011, Erdogan se sent très confiant et tient un discours radical envers l’ensemble de l’Occident, y compris l’Europe. En externe, la Turquie a construit une nouvelle politique étrangère régionaliste – désormais en faillite – et s’est éloignée des préoccupations européennes. De plus, la situation économique en Grèce et en Espagne, la situation politique inacceptable des pays de l’UE comme la Hongrie font que l’UE ne peut plus s’ériger en donneur de leçon. Du moins, c’est ce qui est perçu par l’opinion publique en Turquie.

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Publié par le août 8, 2014 dans Media

 

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