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ÉTATS NATIONS ET MINORITES

27 Mar

États nations et minorités :

quelles voies d’expression ?

 Par

 

Samim Akgönül

 

 in Serge Théophile Balima, Michel Mathien (dir.), Les médias de l’expression de la diversité culturelle en Afrique, Bruxelles, Bruylant, UNESCO, 2012, p. 65-77

 

Résumé :

L’expression de l’identité peut avoir plusieurs formes allant de la vie courante à une expression plus revendicative. Lorsqu’il s’agit des minorités, cette expression peut devenir plus compliquée en raison de la réaction de la majorité qui peut la tolérer ou encore la condamner. Ainsi, l’expression identitaire de la minorité peut passer d’une phase passive à une phase active face à des restrictions sociétales ou juridiques mais également elle peut devenir réactionnaire si l’oppression majoritaire s’intensifie. Ces trois phases d’expression sont explorées ici en s’appuyant sur des exemples concrets.

 Abstract:

The expression of identity can take many forms ranging from the everyday life to a more active expression. For the minorities, this term may become more complicated due to the reaction of the majority who can tolerate or condemn the minority expression of identity. Thus, the expression of identity of the minority can move from one passive phase to an active one in the face of societal or legal restrictions. It can also become a reactionary expression if the majority oppression intensifies. This article explores these three phases of expression based on concrete examples.

Avant d’étudier, avec quelques exemples concrets, les restrictions sociales apportées à la liberté d’expression des minorités dans les États-nations, nous voudrions clarifier certains concepts[1]. Nous notons tout d’abord qu’il n’existe pas de consensus définissant la notion de minorité.

Il va sans dire que les constructions des États-nations sont les fruits des processus de réaction à d’autres nations ou à des entités multinationales comme les empires qui les ont précédés. Ces constructions, à quelques exceptions près, reposent sur ce que l’on appelle pudiquement « l’unité de la nation », expression traduite dans la plupart des cas par l’homogénéité de la population. Les idéologues de la nation présentent une check-list d’homogénéité martelant les critères d’appartenance jusqu’à intériorisation complète de la définition de la nation. À partir de l’école primaire et durant toute la scolarité, on présente cette check-list aux étudiants[2] : unité de la langue, unité de la religion, unité d’Histoire, unité d’idéal… Néanmoins, l’application stricte de cette série de critères d’appartenance engendre un certain nombre de problèmes depuis le « siècle des nations », autrement dit le 19e siècle. Ces problèmes dans la définition de la nation concernent aussi bien les populations des États-nations que les diasporas. En dernière analyse, la définition identitaire des nations dépend du choix d’application de critères concentriques.


[1] Cet article a été préparé grâce à la participation des étudiants de Master de l’ITI-RI de l’Université de Strasbourg (2010-2011, notamment de celle de Mlle Yeliz AVCI. Nous remercions également ma collègue Anne Laure ZWILLING pour sa relecture attentive, du centre de recherche PRISME du CNRS et de l’Université de Strasbourg.

[2] Anne Marie THIESSE La création des identités nationales, Seuil, Paris, 2001, p. 14.

Téléchargez l’article: Etats Nations et minorités

 
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Publié par le mars 27, 2012 dans News, Nouvelles Publications

 

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