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Printemps arabes : mythe et fictions

12 Jan

Cinquième Rencontre européenne d’analyse des sociétés politiques

« Printemps arabes :
mythe et fictions »

Paris, 2-3 février 2012

La vague de contestations qui a balayé les pays dits arabes dans le sillage du renversement de Ben Ali, en Tunisie, s’est immédiatement révélée être une formidable expérience de laboratoire pour la sociologie historique comparée du politique. Ce banc d’essai a confirmé l’inanité de quelques-unes des écoles de pensée les plus en cour dans les milieux universitaires et médiatiques. L’explication culturaliste, l’importance accordée à l’islam, la rêverie « transitologique » n’ont été d’aucun secours pour comprendre les événements. En revanche, la comparaison implicite et intuitive de cette vaste mobilisation avec le Printemps des peuples européens, en 1848, a été bien inspirée, car elle mettait d’emblée le doigt sur quelques éléments clefs : la combinatoire entre les logiques, trop souvent tenues pour contradictoires, de l’expansion mondiale du capitalisme, en l’occurrence sous sa forme néolibérale, et de l’affirmation du périmètre national ; les connexions entre les différents Etats-nations dans une aire géographique donnée, et leur écho à l’échelle du monde, bien au-delà de leur « aire culturelle » ; l’historicité irréductible de chacune des situations considérées. Le Printemps arabe est un mythe. Il s’est conjugué au pluriel et ne se laisse enfermer dans aucune catégorie générique, ni celle de l’arabité ni celle de l’islam. Il se cherche par les armes comme dans les urnes. Et c’est bel et bien par la singularité de ses épisodes qu’il accède à l’universalité et qu’il parle aux Indignés européens ou qu’il effarouche les autorités chinoises, qu’il montre les apories de la chirurgie militaro-démocratique et qu’il dissipe le trompe l’œil de la raison électorale, qu’il réhabilite cette vieille idée de la révolution que d’aucuns pensaient soluble dans la « démocratie de marché » et fait resurgir en pleine lumière la figure, tenue pour désuète, du militant, syndicaliste ou avocat de la cause des droits de l’Homme, sans laquelle Facebook n’aurait produit aucun miracle.
Au-delà des fictions auxquelles ils ont donné lieu et qui enchantent, les Printemps arabes nous rappellent que le politique est d’abord un rapport à l’inégalité sociale, voire la production de celle-ci, notamment dans le domaine économique (atelier 1). De ce point de vue aussi, la comparaison avec 1848 est riche d’enseignements. Ensuite, la politique est un art de la contingence : les mobilisations sociales et démocratiques ont contraint les acteurs à inventer des processus et des institutions provisoires pour définir les nouveaux rapports de force constitutifs de la cité future (atelier 2). La question se pose alors de savoir si le partage de l’espace public au gré des manifestations et la coexistence, ou la collaboration, dans les instances provisoires qui ont été mises en place pour accompagner, assurer ou limiter le changement, ont favorisé des recompositions, dont la plus décisive pourrait être l’émergence d’une offre islamique d’Etat séculier (atelier 3).
Un an après leur éclosion, les Printemps arabes sont loin d’avoir donné tous leurs fruits. Sans anticiper sur les récoltes futures, nous  goûterons les premiers d’entre eux, en partant, à tout seigneur tout honneur, des situations différenciées du Maghreb et en confrontant celles-ci aux contrepoints du Machrek, du Golfe et de la Turquie.

Jeudi 2 février 2012

17h – 20h

CERI-SciencesPo
56, rue Jacob
75006 – Paris

Leçon du Cycle européen d’études africaines du Département de science politique
de l’Université Paris-I Panthéon Sorbonne, avec le concours du Reasopo :

« Anthropologie de la mort à Kinshasa  »

par Filip De Boeck (Louvain)

Projection de Cemetery State (2010, 72’)

Le débat sera introduit par Peter Geschiere (Amsterdam),
John Lonsdale (Cambridge) et Ramon Sarró (Lisbonne & Oxford)

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Vendredi 3 février 2012

9h45 – 19h

CERI-SciencesPo
56, rue Jacob
75006 – Paris

9h30 : Accueil des participants

9h45 : Ouverture

10h – 10h30

Projection d’un court-métrage sur le conflit dans le Bassin minier de Gafsa (2008)

10h30 – 13h

Atelier I :

La question sociale : le révélateur tunisien

Présidente : Béatrice Hibou (Paris)

avec Riddha Raddaoui (Gafsa & Tunis), Adnan Hajji (Redeyef) et Slim Tissaoui (Jendouba)

Contrepoint : Irene Bono (Turin & Rabat), Iman Farag (Le Caire), Boris Samuel (Paris),
Marc Valeri (Exeter) et Kamel Lhabib (Casablanca)

13h – 14h15 : Collation

14h30 – 15h45

Atelier II :

L’ingénierie du provisoire : les institutions ad hoc

Président : Michal Kozlowski (Varsovie)

avec Mohamed Tozy (Casablanca & Aix-en-Provence), Riddha Raddaoui (Gafsa & Tunis)
et Samir Rabhi (Kasserine)

Contrepoint : Jean-Pierre Filiu (Paris)

15h45 – 16h :  Pause

16h – 18h

Atelier III :

Vers une offre islamique d’Etat séculier ?

Président : Mohamed Tozy (Casablanca & Aix-en-Provence)

avec  Omar Aharchane (Casablanca), Bilal Talidi (Rabat), Meryem Yafout (Casablanca)
et Ajmi Lourimi (Tunis)

Contrepoint : Ahmet Insel (Istanbul), Mohamed Kerrou (Tunis),
Stéphane Lacroix (Paris) et Zekeria Ahmed Salem (Nouakchott)

18h15 – 19h

Clôture

D’un jasmin à l’autre?
Les Printemps arabes vus de Chine

avec Antoine Kernen (Lausanne),
Françoise Mengin (Paris) et Jean-Louis Rocca (Paris)

 
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Publié par le janvier 12, 2012 dans Manifestations scientifiques

 

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