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Fısıltılar

05 Sep

Murmures à Beyoglu

David Boratav

boratav

Beyoglu est un quartier, une humeur où dominerait le bleu. Beyoglu est une colline, la huitième, hors des remparts qui ceignent les sept collines d’Istanbul.
À Londres, un homme perd le sommeil. Il y a longtemps, il s’est égaré dans une langue qui n’était pas la sienne. Il a épuisé ses forces dans la torpeur usante des villes de l’Occident. Sa vie est en suspens, une attente, pénétrée d’un parfum d’inéluctable. Ses pas l’emmènent sur les rives du détroit, à Beyoglu.
  Beyoglu est un prisme, bâti sur une faille. Un concentré d’humanité parcouru de forces contraires, d’attentes conjuguées, de volontés travesties.
  Beyoglu est une rumeur qui court sur la rive européenne du Bosphore. Le creuset d’un murmure où se confondent les langues d’une cité-empire. Un village sillonné par la course d’un enfant, un entrelacs de rues en pente et de conversations, une fenêtre sur le ciel balkanique. Un territoire qui n’en finirait pas de s’effriter, de se perdre et de se relever. Une croisée, où les hommes naissent et cohabitent, passent, réussissent et corrompent, où d’autres se laissent rattraper par des désirs enfouis. Et ceux que leurs pas mènent jusqu’à Beyoglu, ceux qui d’aventure viennent à y rester, il arrive que leurs espoirs et la cadence de leurs rêves, pour un temps et parfois pour toujours, en soient transformés.

 
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Publié par le septembre 5, 2009 dans Nouvelles Publications

 

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