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Printemps arabe Identitaire ou social?

Printemps arabe Identitaire ou social?

 

Samim Akgönül / Université de Strasbourg

Objektif Gazete

Avril 2013

Printemps arabe dit-on, pour qualifier les bouleversements qui ont fait chavirer les régimes autoritaires de la méditerranée orientale. Double raccourci s’il en est.

Certes, la métaphore saisonnière indique bien que ces pays sont au sortir de l’hiver, d’un hiver privé de liberté, de partage de prospérité, de l’obscurité oppressante d’un hiver interminable. Et pourtant, qui dit printemps, dit que cela va être suivi d’un été caniculaire, d’un automne orageux, et inexorablement, d’un nouvel hiver aussi froid que noir… La métaphore rappelle un cycle. Qui dit cycle, dit cercle vicieux. S’agit-il vraiment d’un cycle? Ou, sommes nous témoins d’une saison dont on n’a pas encore inventé le nom, où  les peuples de la méditerranée ne seront plus condamnés à vivre l’hiver succédant?
Arabe, dit-on ensuite, collant à ces révolutions un qualificatif ethnique, donnant l’idée qu’elles ne concernent que des … Arabes et niant de fait, du moins occultant, leur caractère universel: la réclamation d’une vie meilleure pour tout le monde. Sinon comment comprendre la vague de contestation en Grèce, qui perdure depuis trois ans et ce, indépendamment de la faillite de l’Etat grec? Comment expliquer que le mouvement des indignés ait eu autant de succès en Espagne où les jeunes n’essayent pas de faire dégager une dictature tangible, mais une dictature systémique? Comment enfin expliquer ces centaines de millier d’Israéliens qui manifestaient chaque jour pour des jours meilleurs. Doit-on ajouter, la vague de contestation émanant de banlieues défavorisées de Paris ou de Londres? Non, ce printemps est aussi méditerranéen qu’arabe, voire universel. Lui coller un qualificatif ethnique ou religieux, c’est de lui nier son caractère résolument social.
Ce qualificatif ethnique et national a une autre ambiguïté, celle de donner aux opinions publiques occidentales, l’idée d’une lutte identitaire. Or, c’est exactement l’inverse qui s’est produit, qui se produit. Longtemps, beaucoup trop longtemps, les démocraties occidentales se sont reniées en soutenant les régimes dictatoriaux de peur qu’ils soient remplacés par des chimères du communisme d’abord, de l’islamisme de suite.
Tout au long de la guerre froide, la rivalité idéologique a justifié le soutien aux dictatures, voire à l’instauration de ces mêmes dictatures avec l’aide des armes occidentales, de l’argent occidental, de l’aide logistique, du la rhétorique même. Après l’autodestruction des régimes dits communistes, alors que les optimistes rêvaient d’une fin de l’histoire, donc d’une fin des inégalités et de guerres, nous avons créé un autre « autre », celui de civilisation, de l’islam et de l’islamisme.
Un spectre serait en train de hanter la méditerranée, celui de l’islamisme sanguinaire et archaïque. Il fallait donc continuer à soutenir ces régimes ubuesques parce que sinon, s’ils partent, ces peuples ne seraient pas capables de s’autogérer, d’instaurer des régimes égalitaires, et seraient tombés entre les mains des islamistes.
Or, nous nous sommes trompés. Nous avons trompé nous mêmes pendant deux décennies pour justifier hypocritement pour certains, sincèrement pour d’autres, l’oppression des peuples entiers, par des régimes de main de fer, ne laissant aucun espace à l’opposition démocratique.
Nous nous sommes trompés parce que ce printemps arabe n’est pas identitaire, du moins à l’origine. Ces révolutions qui ont balayé les peurs avec leur dictateur n’ont pas fait les leurs, les revendications religieuses ou ethniques, du moins à l’origine, encore.
Tout n’a-t-il pas commencé le 17 décembre 2010, par l’immolation d’un jeune homme,  Mohamed Bouazizi, 26 ans, non pas parce que son groupe ethnique était opprimé, non pas parce qu’il ne pouvait pas pratiquer sa religion, mais parce qu’il était diplômé mais au chômage, mais parce qu’il avait été obligé de devenir un marchand ambulant de fruits et des légumes et que la police avait confisqué sa marchandise. Par un malaise social, non pas identitaire. Qui se souvient encore de la photo de Ben Ali, au chevet du brulé, mine de circonstance, sans se douter ce qui se tramait dans les bas fonds de Sidi Bouzid ou de Tunis?
Tout au long de ce jeu de domino, nous n’avons pas entendu, dans aucun des pays de la méditerranée orientale, la revendication d’un groupe ethnique qui demandait une supériorité à son groupe. Nous n’avons pas entendu un groupe religieux qui réclamait plus de sharia, ou moins de sharia. En Tunisie, le conflit n’était pas entre islamistes et laïcs, en Egypte la Place Tahrir n’était pas scène d’affrontements entre musulmans et coptes, en Lybie, les tribus ne se sont pas battues, en Syrie, ce n’est pas la majorité sunnite qui se révolte contre la minorité alaouite au pouvoir. Nous avons entendu des réclamations de plus de droits, de plus d’égalité, de plus de prospérité, de plus de liberté, de plus de démocratie, de plus de l’Etat de droit. Des valeurs, sommes toutes, assez occidentales, non?
Qu’ici ou là, ces mobilisations sincères soient récupérées par tel ou tel groupe ethnique, tel ou tel groupe religieux, ne change pas le fond de l’affaire. La mobilisation identitaire est toujours plus facile que la mobilisation sociale. La visibilité des islamistes d’après la chute des dictatures, ou pendant l’opposition à la Dictature Essad ne doit pas tromper. Après la victoire d’l’identité n’était pas le leitmotiv du printemps arabe, pas le premier en tout cas. Après avoir fermé la parenthèse des altérités idéologiques de la Guerre froide, sommes-nous en train de fermer la parenthèse des altérités ethniques, nationales, religieuses? Voici la vraie question. En fait, la vraie question est plus complexe: les puissances occidentales permettront-elles les peuples de la méditerranée orientale de dépasser les questions ethniques, nationales et religieuses et atteindre à l’aspiration d’une prospérité juste, dans des démocraties libérales… à l’occidentale? Car les peuples ne sont pas dirigés par les régimes qu’ils méritent, loin s’en faut, cela est un mythe occidental.
En effet, où est l’Europe dans toute cette affaire ? Est-ce que les capitales européennes ont compris l’universalité des messages émanant des places Tahrir des capitales méditerranéennes, ou sont-elles préoccupées uniquement par des flux migratoires, jugés dangereux, susceptibles de forcer la citadelle Europe? Car il a suffi la révolution tunisienne pour que commence à circuler l’idée de la révision de Schengen, à cause de quelques milliers de Tunisiens et de Libyens par la suite, tentant de s’échapper vers l’Italie et la France. Ces exils, créeront-ils de nouvelles diasporas, illégitimes dans leurs terres d’accueil, incapables de se reconstruire dans leur statut de peuples non grata. Certes, la France et les Etats Unis, étaient fortement impliqués dans la révolution libyenne, après avoir accueilli la tente du colonel Kaddafi dans le parc de l’Hôtel Marigny pour la première et après avoir soutenu les services secrets du colonel contre les rebelles pour le second. Le temps de négocier le partage de la manne de pétrole étant venu, les deux pays sont en première ligne. Que dire d’une Turquie qui a soutenu Bachar El Assad pendant 10 ans et qui lui tourne le dos, de peur d’une migration de masse vers ses frontières, de peur de l’instauration d’une région autonome kurde au nord, mais aussi, pour garder (accroître?) son hinterland dans le proche orient. Quoi qu’il en soit, ni Ankara, ni Téhéran, ne sente en sécurité face à des revendications sociales. En réalité, bien naturellement, ce « printemps » a déjà effleuré l’Iran lors de la deuxième élection d’Ahmédinedjad, et il est en cours en Turquie vus les efforts considérables déployés de part et d’autre pour régler la question d’ethno-classe kurde sans une révolte de masse.

 
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Publié par le mai 12, 2013 dans Media

 

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Le PKK a commencé son retrait de Turquie

Le PKK a commencé son retrait de Turquie

2013-05-09 Radio Vatican

PKK

Les rebelles kurdes du PKK ont commencé à se retirer hier de Turquie. C’est ainsi une nouvelle étape qui est franchie dans le cadre d’un processus de paix. Le but : mettre fin à près de 30 années de conflit. Ce retrait s’annonçait délicat. « Les combattants doivent sans doute profiter de la nuit pour se replier » vers les bases arrières du PKK dans le Kurdistan irakien, a précisé le député kurde, Selahattin Demirtas, co-président de la principale formation pro-kurde légale de Turquie, le Parti pour la paix et la démocratie (BDP).

Le PKK restera fidèle à son engagement de retrait

Une combattante du PKK utilisant le pseudonyme de Delal Amed a confirmé à l’agence pro-kurde Firat News un début de retrait, tout en mettant en garde Ankara. « Même si nos forces se retirent au-delà de la frontière, la guérilla n’hésitera pas, si nécessaire, à résister » contre toute attaque, a-t-elle dit. Selon le HPG, l’aile militaire du PKK, les premiers groupes de rebelles doivent parvenir « en l’espace d’une semaine » dans leurs bases irakiennes. Le PKK a ajouté qu’il resterait fidèle à son engagement de quitter le territoire turc dès lors qu’il n’était pas attaqué par les forces turques. M. Demirtas s’est lui aussi inquiété de l’intervention possible de « forces » autres que celles de l’armée pendant ce repli.

Malgré tout, le risque de déstabilisation le plus grand pèse en fait sur… la Syrie comme l’explique Samim Akgonul, chercheur au CNRS et professeur à l’Université de Strasbourg, à Olivier Tosseri

 
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Publié par le mai 10, 2013 dans Media

 

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Selek’i Korumak Onurdur !

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Publié par le avril 24, 2013 dans Media

 

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Skyturk 360 22.04.2013

Skyturk 360

Gündem ve Ekonomi

Dogan Akin, Murat Sabuncu

22.04.2013

gundem-ekonomi-aksam

 
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Publié par le avril 23, 2013 dans Media

 

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Mahrumiyet bölgesi

Mahrumiyet bölgesi

Taraf

04.02.2013

SAMİM AKGÖNÜL

Toplumun zehirleri belli: Ulusal, etnik kimlik, dinsel kimlik ve bize özgü haliyle cinsel kimlik

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Ülkemizin çetrefilli sorunları var. Bu teşhiste herhalde yanılmak imkansız. Ancak daha zoru neden demokrasiyi içselleştirmiş toplumlarda benzer iptidai sorunlar halledilmiş de Türkiye toplumunda halledilememiş sorusuna kapsayıcı bir cevap bulmak. Bu sorunun cevabı ülkedeki toplumsal temellerin ta başından beri zayıf ve yapay olmasında yatıyor olabilir. Bu zayıflık, bu yapaylık ülkede iktidarı elinde tutanlar tarafından da o kadar iyi biliniyor ki,  kırılgan dengeyi bozabilecek her akıldan, her sözden, her bireyden öcü gibi korkuluyor. Ve Cumhuriyet’in ilk yıllarından beri bu korkunun bertaraf edilmesi, korkulan aklın fiziksel olarak yok edilmesiyle eş değer tutuluyor.

 

Dolayısıyla bu sürekli ve sonsuz yok etme stratejisi Devleti içindeki zehirlerden kurtaracak panzehirleri yok etmeye yöneltiyor. Antibiyotiklere bağışıklık kazanmış hasta bir organizma düşünün. Kendini iyileştirecek, acılarına merhem olacak, yeni acıların ortaya çıkmasını engelleyecek her panzehiri yok edip kendini ilacından mahrum bırakan bir organizma. Kısır döngüsüne âşık, kendine güvenini yitirmiş ya da bu güveni hiç elde edememiş, temellerini sağlamlaştıracak her ilacın kurduğu düzeni kağıttan bir kale gibi yıkacağına inanmış, yok etmeyi refleks haline getirmiş bir organizma. Kendine mahkum.

 

Toplumun zehirleri belli. Üçü de dirençli: Ulusal/Etnik kimlik, Dinsel kimlik, Cinsel kimlik. Üçü de yapay, üçü de inşa edilmiş, üçü de felsefeci Besim Dellaloğlu’nun dediği gibi Kişiliğe rağmen kurgulanmış kimlikler. Ve bu üç konuda söyleyecek sözü olan herkes bir şekilde organizmanın dışına atılmış. Ya öldürülmüş, ya hayat boyu hapislerde süründürülmüş ya da sürgünde çürütülmüşler. Boşuna değil; bu yok etme zincirinin ilk halkası Sabahattin Ali’yi milliyetçilerin hedef tahtasına koyan ilk romanı “İçimizdeki Şeytan” adını taşıyor. Sabahattin Ali zehri ilk görenlerdendir.

 

Bu Devlet, toplumunu, Nazım Hikmet’ten de mahrum bırakmıştır, Abidin Dino’dan da. Uğur Mumcu’nun da iyileştirmesine izin vermemiştir, Musa Anter’in de. Server Tanilli’yi de sürgüne mahkum etmiştir, Mehmet Uzun’u da, Ahmet Kaya’yı da. İntikamını, hıncını İsmail Beşikçi’den de almıştır… Hrant Dink’ten de. O kadar çok var ki, saymakla bitmez. Bu insanlar ayrı yerlere dokunmuşlardır, hatta bazen birbirlerine zıt düşünmüşlerdir. Ama ortak noktaları eleştirmek, yeni bir şey katmak, değiştirmek, sürüden ayrılmaktır. Hiçbirine var olma meşruiyeti tanınmamış, Devlet kendini toplumu bu düşüncelerden izole etmekle görevli saymıştır.

 

Şimdi sıra kendimizi Pınar Selek’ten mahrum etmeye geldi. Pınar Selek 20 yıldır toplumun yaralarına dokunmaya çalışan, sadece gözlemlemeyi kendine yakıştıramayıp, iyileştirmeye uğraşan bir panzehir. Toplumun çeperlerine ulaşabilen, içine girebilen biri. Kabuslarımızı gözümüze sokan. Sartre’ın intellectuel engagé yani “elini taşın altına koyan aydın” tanımına birebir uyan bir kadın.

 

Bir an sizleri ‘korkutan’ grupları düşünün. Travestiler? Tinerci çocuklar ? Ermeniler ?… Kürtler ? Pınar Selek bütün sınırları aştı, en önemlisi kendi sınırlarını aştı. Toplumun kenarından baktı merkeze. Merkezin kendini görmesin sağladı. Hastalıklarına teşhis koydu. İstanbul’un Travestilerini toplumsal bir obje olarak konu alan Maskeler, Süvariler, Gacılar isimli eseri, Barışamadık, isimli Türkiye’deki etnik kırılmanın aslında bir toplumsal kırılma olduğunu ispatlayan kitabı, ya da Türk toplumunda ataerkilliğin aslında Devletin ve toplumun empoze ettiği bir dizi zorlayıcı sürecin sebep olduğunu ispatlayan Sürüne sürüne erkek olmak isimli çalışması Pınar Selek’in ne kadar güçlü ve dönüştürücü olduğunun ispatı. 15 senedir adaletsiz yargı işkencesinde yanında duran, toplumun her kesiminden gelenler gibi. Dönüştürücü, dolayısıyla susturulması şart.

 

Simdi, hep olageldiği gibi bu panzehirden de mahrum bırakacağız kendimizi. Gene Türkiye toplumunu topyekûn bir mahrumiyet bölgesine çevireceğiz. Derin devlet diyorlar sağda solda. Ben hiçbir derinlik göremiyorum. Tam aksine sığlıktır bu. Bizi bir kaşık suda boğulmaya mahkum eden, Pınar Selek gibilerinin can simidi atmalarına izin vermeyen. Pınar Selek Türkiye’den uzakta sürgünde değil. Türkiye Pınar Selek’ten uzakta sürgünde, mahrumiyet bölgesinde.

 

 
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Publié par le février 4, 2013 dans Media

 

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Gérard Depardieu ve vergi adaletsizligi

Gérard Depardieu ve vergi adaletsizligi

A HABER – SATIR ARASI

01/01/2013

satir arasi

 
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Publié par le janvier 2, 2013 dans Media

 

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Pinar Selek dans les mâchoires du système judiciaire turc

 

Pinar Selek dans les mâchoires du système judiciaire turc

 

Laure Marchand

Le Figaro, 11/12/2012

Le cas Pinar Selek sera peut-être un jour enseigné aux étudiants en droit comme un exemple des égarements de la justice turque. Cette sociologue réfugiée à Strasbourg est harcelée judiciairement depuis quatorze ans. Son procès pour terrorisme reprend mercredi devant la cour pénale n° 12 d’Istanbul alors qu’elle a déjà été acquittée deux fois. Une affaire ubuesque, dans laquelle elle est toujours menacée d’une condamnation à perpétuité pour terrorisme.

Tout commence en juillet 1998 par une explosion au bazar égyptien d’Istanbul, près de la Corne d’or, qui fait sept morts. Deux jours plus tard, Pinar Selek est placée en garde à vue et torturée. La police veut connaître les noms des militants de la guérilla kurde du PKK qu’elle a interrogés dans le cadre de ses recherches. Le 12 août, Abdülmecit Öztürk, un Kurde soupçonné de faire partie du PKK, est arrêté. Au cours de son interrogatoire, il dit avoir fabriqué avec Pinar Selek une bombe qui a été posée dans le petit restaurant du marché où l’explosion s’est produite. Très vite, l’homme se rétractera, dira avoir donné son nom sous la torture et sera finalement innocenté. Sur les causes du drame, les rapports d’expertises concluent à… une fuite de gaz.

Un militantisme mal vu

L’attentat étant en fait un accident, les charges contre Pinar Selek, accusée d’avoir «posé une bombe» qui n’a jamais existé, devraient en toute logique être abandonnées. Mais le procureur s’acharne. À deux reprises, en 2008 et 2011, un acquittement est pourtant prononcé. Le 22 novembre dernier, à la faveur d’une absence du juge qui suit l’affaire, la 12e cour, qui avait reconnu par deux fois sa non-culpabilité, se dédit et annule sa décision – une impossibilité en droit.

Pinar Selek se dit à bout de forces et de patience: «Quatorze ans et demi à lutter, c’est presque une vie, dit-elle. C’est comme un supplice chinois, tant que le procès n’est pas terminé, je ne peux pas guérir des séquelles laissées par la torture, elles sont à chaque fois ravivées.» Aujourd’hui âgée de 41 ans, elle poursuit une thèse sur les mouvements sociaux en Turquie à l’université de Strasbourg. Lorsqu’elle vivait à Istanbul, la jeune femme engagée à gauche a été de tous les combats pour défendre les minorités opprimées par l’État. En s’acharnant sur elle, la justice lui fait payer ce militantisme, mal vu en Turquie.

Pour le politologue Samim Akgönül, professeur à l’université de Strasbourg, le cauchemar que subit Pinar Selek est révélateur de la nature de la justice en Turquie: «Depuis le début de la République, la justice ne s’est jamais privée de violer la loi, en 1930 comme en 2012. Elle ne protège pas les citoyens, elle protège l’État, qui est sacré, contre les individus, qui sont perçus comme une menace pour la pérennité de l’État.» Ce fonctionnement explique pourquoi la Turquie est le pays le plus condamné par la Cour européenne des droits de l’homme.

Pinar Selek bénéficie d’un puissant comité de soutien en France. Catherine Trautmann, parlementaire européenne, a envoyé une lettre au premier ministre Recep Tayyip Erdogan. Le président de son université, Alain Beretz, a pris publiquement position en sa faveur. «Pinar Selek est un symbole, poursuit Samim Akgönül. Combien sont-ils à pourrir dans les geôles turques pour des histoires similaires?»

 
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Publié par le décembre 13, 2012 dans Media, News

 

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Affaire Pinar Selek : Vade Mecum

Affaire Pinar Selek

Vade Mecum

Samim Akgönül

Pinar Selek est une sociologue, militante des droits humains, né en 1971 à Istanbul. Après avoir fait ses études secondaires dans le prestigieux lycée francophone Notre Dame de Sion, Selek a terminé ses études de Sociologie à l’Université Mimar Sinan, en tant que majeure de sa promotion. Elle a étudié à l’Université Nice Sophia-Antipolis l’économie politique et a achevé son DEA de Sociologie à l’Université Mimar Sinan d’Istanbul. Elle mène actuellement ses recherches doctorales à l’Université de Strasbourg. Elle est surtout reconnue pour son travail d’intellectuelle engagée en faveur des exclus et des opprimés de la société, plus particulièrement à travers ses livres sur les femmes, les homosexuels, les transgenres, les enfants des rues et les Kurdes. Elle est également activiste féministe, fondatrice d’Amargi, une association de  défense des femmes opprimées. Elles est issue d’une famille de juristes, et fille de Alp Selek, un défenseur renommé des droits humains  qui a défendu la gauche opprimée depuis les années 1960 et a donné du fil à retordre aux pouvoirs en place.

Le 19 juillet 1998 il y a eu une explosion dans le Marché historique d’épices d’Istanbul (« Marché égyptien »), un haut lieu touristique à l’embouchure de la Corne d’Or. Cette explosion dans un petit restaurant a causé la mort de 7 personnes et plus de 100 blessés. Il s’agissait d’une période où les attentats à la bombe attribués au PKK, les rebelles kurdes indépendantistes, étaient très fréquents. « Tout naturellement », l’opinion publique turque, ainsi que les autorités se sont d’abord penchés sur l’éventualité d’un attentat à la bombe.

Lors de l’enquête qui a suivi, les forces de sécurité et les experts en explosion ont communiqué, en 10 jours, 6 (six) rapports, soulignant tous l’absence d’indice  témoignant de la présence d’un engin explosif.  Clairement, tous les rapports penchaient pour une explosion due à une fuite de gaz. Ils ont souligné qu’un engin explosif aurait creusé un cratère d’au moins 50 cm de profondeur.

Deux jours après l’explosion, le 11 juillet 1998, Pinar Selek a été mise en garde à vue, accusée de faire partie d’une « organisation terroriste », sans lien avec l’explosion en question. Elle était, à cette époque, en train de mener des entretiens avec les militants du PKK pour un livre et elle refusait de donner les noms de ses interlocuteurs aux forces de sécurité. Dans un climat de violence politique et nationaliste, son travail scientifique n’a pas pu être supporté par le pouvoir. Lors de sa garde à vue, Selek a été détenue pendant 7 jours sans voir ni un avocat ni un juge, et a subi toutes les techniques de torture, y compris « le crochet de Palestine ». Il y a même eu un rapport de la police indiquant qu’elle « était tombée et s’était  cassé le bras » pendant l’interrogatoire… Par la suite, les rapports médicaux et post-traumatiques ont confirmé les tortures en question.

En revanche, durant cette garde à vue, aucune question ne lui fut posée au sujet de l’explosion du Marché aux épices, dans la mesure elle avait été arrêtée pour une tout  autre « accusation » et qu’il avait été établi que l’explosion en question était due à une fuite de gaz.

10 jours après son arrestation, le 28 juillet 1998, le procureur de la Cour de Sûreté de l’Etat (ces Cours instituées par la junte militaire qui étaient chargées de réprimer l’opposition de gauche et des Kurdes), accuse Selek d’être membre du PKK et requiert 10 à 15 ans d’emprisonnement, sans que la question de l’explosion ne soit évoquée.

Le 12 Août 1998, c’est à dire 15 jours après l’arrestation de Selek, la police d’Edirne (ville près de la frontière turco-grecque) met en garde à vue un individu, Baran Öztürk, soupçonné de tenter de fuir en Grèce pour rejoindre les camps du PKK dans ce pays. Suite à son interrogatoire, 21 autres membres présumés sont mis en garde à vue  dans différents quartiers d’Istanbul. Certains de ces individus arrêtés, sans qu’il y ait un lien quelconque, « déclarent » à la police qu’ils prennent des « ordres » de Pinar Selek. Un de ces 12 prévenus, un certain Abdülmecit Öztürk, « confesse » lors de sa garde à vue qu’il avait préparé chez sa tante l’engin explosif qui avait causé l’explosion du Marché aux Epices avec Pinar Selek, alors que jusqu’à ce jour, il n’y avait aucun indice révélant l’existence  d’un engin explosif.

Suite à cet « aveu », le procureur demande une nouvelle expertise. Sous la présidence de l’Universitaire Sevil Atasoy, le nouveau rapport, bien que techniquement très superficiel, indique, malgré les 6 rapports précédents, la présence possible dans les lieux de l’explosion d’un produit nommé nitrocellulose. Ainsi, tout d’un coup non seulement l’explosion du Marché aux épices devient un attentat, mais de surcroît, suivant la déposition d’Öztürk, Selek devient suspecte.

Lorsque Abdülmecit Öztürk est présenté au juge de la Cour de Sûreté de l’Etat, il se rétracte et déclare qu’il n’était pas au courant de l’explosion du Marché aux épices, qu’il ne connaissait pas Pinar Selek, que tout ceci était un complot et une fiction et que sa déclaration lui avait été dictée par la police sous la torture. Lors de la délibération, Öztürk est pris dans une salle annexe du tribunal par la police qui l’escorte et à son retour il déclare qu’il veut faire une déclaration supplémentaire. Il se rétracte à nouveau, confirme ? ces aveux par écrit mais le procureur refuse de signer cette nouvelle déclaration. Suite aux protestations des avocats de Selek, indiquant que ces aveux n’avaient pas de valeur juridique sans la signature du procureur, celui-ci acceptera de signer ces aveux deux ans et demi plus tard.

Entretemps,  les enquêteurs avaient interrogé la tante d’Öztürk, chez laquelle ce dernier déclarait avoir préparé l’engin explosif avec Pinar Selek. Selon la déclaration écrite présentée par les enquêteurs, la tante en question avait identifié Selek sur photo, avait dit que son neveu l’avait présentée comme sa fiancée, et qu’ils s’étaient enfermés dans une chambre.

Lors de l’audience, la cour a convoqué la tante en question et les parties ont pu voir que cette vieille dame kurde, ne parlait pas un seul mot de turc et qu’il était impossible d’écrire la déposition présentée, sans l’aide d’un traducteur de surcroît. Lors de l’audience, la dame déclare, avec l’aide d’un traducteur, qu’elle n’avait jamais déposé auparavant, qu’elle n’avait effectué aucune identification, qu’elle était analphabète, qu’elle avait apposé son empreinte digitale sur une feuille présentée par la police, et qu’elle n’avait jamais vu la jeune femme présente dans la cour.

Suite à ces développements, la cour libère Abdülmecit Öztürk, qui sera jugé libre. Lors des audiences suivantes, une fois sauvé des mains de la police, Öztürk, répète sans cesse la même déclaration, à savoir qu’il ne connaissait pas Pinar Selek, et que sa déposition avait été extorquée sous la torture et sous la menace.

Malgré ces développements, Selek, à laquelle on n’avait posé aucune question au sujet de l’explosion du Marché aux épices, devient l’objet d’une deuxième accusation pour un deuxième procès : celle d’avoir fomenté un attentat au Marché aux épices. Les deux procès (le premier, membre d’une organisation terroriste, et le deuxième, attentat) sont réunis en 1999.

En 2000, deux nouveaux rapports d’expertise sont présentés à la Cour : le premier d’un professeur expert en explosifs de la Faculté de Chimie de l’Université d’Istanbul, et le deuxième d’une commission d’experts mandée par la cour, composée d’experts en explosifs de l’Institut Médico-légal de la Faculté de Médecine de l’Université d’Istanbul a Cerrahpasa. Les deux rapports démontent le rapport du 2 novembre, et indiquent qu’il n’y a aucune trace d’un explosif quelconque dans l’affaire du Marché aux épices. Le 21 décembre 2000, après deux ans et demi de détention, Pinar Selek est relâchée.

Le 19 avril 2001, la Direction de la Sûreté d’Istanbul envoie à la Cour une requête demandant une nouvelle expertise. En annexe de cette requête se trouvait un rapport « spontané » non daté et non signé, émanant du Ministère de l’Intérieur, soulignant qu’il s’agissait d’un engin explosif.

Ce « rapport » non sollicité, fut suivi par deux autres rapports émanant de deux administrations médico-légales du Ministère de la Justice, qui soulignaient que la présence d’un engin explosif n’était pas et ne pouvait être déterminée.

Malgré ces deux nouveaux rapports d’expertise, la Cour a quand même suivi la requête de la Sûreté d’Istanbul et a commandé un nouveau rapport à une nouvelle commission d’expertise composée de cinq membres dont deux officiers de  gendarmerie. La nouvelle commission  présente en 2002 son rapport en faveur de la thèse de la bombe, mais il est signé seulement par quatre de ces cinq membres. Le cinquième membre, un Professeur de l’Université Technique de Moyen Orient, a refusé de signer et a établi une contre-expertise refusant la thèse de la bombe.  Et enfin, un nouveau rapport d’expertise fut rédigé par une nouvelle commission composée de Professeurs de la même université, démontant techniquement, point par point, le rapport de la Gendarmerie.

Suite à cette succession de rapports d’expertise, la Cour décide en 2006 qu’elle ne pouvait établir un verdict sûr en ce qui concerne l’affaire du Marché aux épices, et décide, à l’unanimité, qu’il n’y a pas lieu de rendre un arrêt à l’encontre de Selek et d’Öztürk. Le Procureur de la République fait appel de cette décision requérant la condamnation de Selek et Öztürk s’appuyant sur deux rapports d’expertise, celui de 1998, et celui de la Gendarmerie, sans prendre en considération les autres et sur la déposition d’Öztürk même si ce dernier s’était rétracté par la suite.

En effet, la décision est cassée par la 9e Chambre pénale de la Cour de Cassation, arguant qu’il n’y avait pas dans le droit turc une décision comme « il n’y a pas lieu de rendre un arrêt » et renvoie l’affaire devant la première instance afin qu’elle prenne une décision claire en faveur d’un acquittement ou d’une condamnation.

En 2008, la Cour locale, s’appuyant sur ses premières considérations, prononce, toujours à l’unanimité, un acquittement clair. Le Procureur fait également appel de cet arrêt s’appuyant sur ses premiers arguments. En revanche, alors que le Procureur demandait l’appel pour Pinar Selek, il avait décidé de ne pas faire appel pour l’arrêt d’Öztürk. Ainsi, Pinar Selek était accusée sur les dépositions d’Öztürk, Öztürk s’était rétracté, il était définitivement acquitté mais la poursuite judiciaire fondée sur sa déposition perdurait pour elle.

La 9e Chambre pénale de la Cour de Cassation, omettant tous ces faits, casse l’arrêt sur le fond demandant la perpétuité incompressible pour Selek selon l’article 125 du Code pénal.

Avant que l’Affaire revienne devant la Cour locale ayant prononcé l’acquittement, le Procureur Général de la République, saisissant la voie « d’objection extraordinaire », a porté cette décision de la 9e Chambre pénale de la Cour de Cassation devant la Grande Chambre de la Cour de Cassation.

La Grande Chambre refuse l’objection du Procureur Général de la République à la majorité des voix.

Alors que la Grande Chambre refusait l’objection du Procureur général, l’auteure du premier rapport (1998), le Professeur Sevil Atasoy, déclarait aux quotidiens Vatan et Taraf, que dans son rapport rien n’indiquait une explosion due à un engin explosif et précisait seulement les méthodes à utiliser pour établir avec certitude la présence d’une bombe. Ainsi, elle déclarait que son rapport d’expertise avait été manipulé par l’acte d’accusation. La même universitaire a répété ces mêmes propos lors d’une émission télévisée à la chaîne CNN Türk.

Ainsi, la décision de la 9e Chambre de Cassation est revenue devant la Cour locale. Le 9 février 2011, la Cour maintient, toujours à l’unanimité, son arrêt d’acquittement pour une troisième fois. Elle s’est ainsi définitivement prononcée ; son rôle judiciaire est terminé. Maintenant la parole définitive sera celle de la Grande Chambre. Pour y envoyer le dossier complet accompagné du réquisitoire sur le fond du Procureur, la Cour locale attend l’achèvement des procès annexes.

L’audience du 22 novembre 2012 concernait ces affaires annexes. Entre-temps le juge titulaire, celui qui avait prononcé trois acquittements, avait pris un congé maladie de 45 jours, souffrant des problèmes cardiaques. Un  juge suppléant, ne connaissant pas l’affaire qui avait duré 14 ans, ne connaissant pas le contenu des dizaines de sacs de dépositions et de correspondance, avait été nommé. De l’équipe qui avait maintenu la décision d’acquittement, un autre juge avait également été écarté de l’affaire. Un seul juge de la première équipe était présent.

L’audience devait commencer à 10h 30 mais les portes restaient closes. Les avocats ont tenté de prendre des nouvelles vers 12h mais le nouveau président a répondu qu’il avait droit à une pause déjeuner. L’audience censée commencer à 14h ne commença qu’à . Les avocats prennent leur place dans l’attente des habituelles vérifications d’identité, quand ils aperçoivent un écran d’ordinateur resté allumé. Le greffier de la Cour est en train de corriger un mot. Ils découvrent avec stupéfaction qu’il s’agit d’une décision déjà prise : “Considérant que la Grande Chambre de la Cour de Cassation a refusé la requête d’objection du Procureur général de la Cour de Cassation, la décision du maintien de l’arrêt d’acquittement prise précédemment contient un vice de forme et donc il a été décidé de révoquer l’arrêt d’acquittement.

Sur ce, le Procureur remercie la Cour et lit aussitôt un réquisitoire sur le fond qu’il avait apparemment apporté avec lui et, bien évidemment, requiert à nouveau la perpétuité. Ce qui signifie qu’il prononce pour la seconde fois un réquisitoire sur le fond dans un dossier sur lequel l’arrêt définitif a été rendu il y a un an et demi et dont il avait lui-même fait appel. Mais ce qui est aussi intéressant, c’est le fait il déclare aux journalistes : “J’ai été choqué.” Or, lorsque les portes étaient verrouillées, il était à l’intérieur.

Les juristes en Turquie sont maintenant unanimes sur deux points :

Que la Cour locale est juridiquement incapable de révoquer sa propre décision, prise il y a un an et demi car elle s’était prononcée définitivement ;Qu’elle garde toujours le droit de maintenir sa décision d’acquittement contre la Grande Chambre.

 Suite aux protestations des avocats, la Cour a renvoyé l’Affaire au 13 décembre (21 jours plus tard) pour une décision définitive, donc avant la fin du congé maladie du juge titulaire alors que pour les 46 audiences des 14 années précédentes, les reports avaient été tous prononcés à une échéance de trois mois environ. D’autant plus que, ce jour-là, la Cour a renvoyé à trois ou quatre mois les jugements des autres affaires qu’elle devait traiter.

Estimant que la Cour dans sa nouvelle composition avait violé la loi en se substituant à la Cour de Cassation, et avait perdu son impartialité, les avocats de Selek présentent une requête le 29 novembre 2012, pour refuser que le même juge préside l’audience du 13 décembre.  Entre temps, le juge titulaire a déclaré au quotidien Vatan du 24 novembre 2012 qu’il était très surpris de cette décision et qu’il pouvait revenir avant la fin de son arrêt maladie de 45 jours.

Il est difficile de prévoir la voie qui sera suivie lors de l’audience du 13 décembre 2012. Avant tout il y aura une décision concernant la requête des avocats au sujet de changement de juge. Si cette requête est refusée, les avocats porteront l’affaire devant une autre Cour pénale.

Quoi qu’il en soit, que la requête de changement de juge soit acceptée ou non, les possibilités sont les suivantes :

1) Les juges peuvent revenir sur leur décision intermédiaire du 22 novembre 2012, considérée comme illégale par les avocats. Ainsi, la procédure pourra revenir à son cours normal. Autrement dit, l’arrêt d’acquittement rendu le 9 février 2011, sera porté avec les autres cas annexes quand ils seront achevés, devant la Grande Chambre de la Cour de Cassation. La décision de la Grande chambre sera définitive.

2)Si les juges ne reviennent pas sur le verdict du 22 novembre, le jugement continuera d’une manière illégale. Le verdict de perpétuité pourra faire l’objet d’un appel devant la 9e Chambre de la Cour de Cassation.

A la Cour européenne des Droits de l’Homme, le dossier de Pinar Selek est en attente de la fin de la procédure interne. Ce dossier concerne l’article 3 de la Convention européenne des Droits de l’Homme (interdiction de la torture) et surtout l’article 6 (droit à un procès équitable).

Pinar Selek est actuellement en exil en France où elle continue ses recherches doctorales à l’Université de Strasbourg. Elle est soutenue par la société civile dans le monde entier, notamment en Turquie, en France et en Allemagne, par le monde universitaire en Turquie, en France et aux Etats Unis. Ancienne boursière de PEN Allemagne, elle a obtenu le prix « Duygu Asena » de PEN international en 2009. Elle est l’auteure de quatre monographies scientifiques, d’un roman, et d’un livre pour enfants.

Ce Vade Mecum est préparé en s’appuyant :
Sur l’article d’Akin Atalay, un des avocats de Pinar Selek, « Bir Hukuk Garabetinin Öyküsü: A’dan Z’ye Pınar Selek davası » publié sur le site d’information t24 le 28.11.2012 (http://t24.com.tr/haber/bir-hukuk-garabetinin-oykusu-adan-zye-pinar-selek-davasi/218487)
Sur l’article de Baskin Oran, « Pınar Selek davasında inanılmaz olaylar » paru dans le quotidien Radikal, le 26.11.2012 (http://www.radikal.com.tr/Radikal.aspx?aType=RadikalDetayV3&ArticleID=1109396&CategoryID=97) Pour la traduction en français de cet article : http://www.turquieeuropeenne.eu/5402-incroyables-developpements-dans-l-affaire-pinar-selek.html
Sur les entretiens de l’auteur avec les avocats de Pinar Selek et avec l’intéressée elle même.
L’auteur a été présent lors des trois dernières audiences.
La dernière version de ce document a été revue et corrigée par Baskin Oran et Etienne Copeaux.
 
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Publié par le décembre 3, 2012 dans Media, News

 

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Les dix ans de l’AKP

Dossier : les dix ans de l’AKP

‘AKP de Recep Tayyip Erdogan fête ses dix ans au pouvoir en Turquie. Devant les cadres du Parti de la Justice et du Développement réunis dans la banlieue d’Ankara, le Premier ministre turc a exalté l’importance historique, à ses yeux, de sa première victoire électorale en 2002. Il parle d’un « nouveau départ » pour le pays, d’une révolution des mentalités.

Dressant un bilan de ses dix ans d’exercice du pouvoir, le chef du gouvernement s’est vanté d’avoir mis fin à une politique dictée par les intérêts de quelques-uns, citant sans la nommer, l’armée auteur de plusieurs coup d’Etat par le passé. Recep Tayyip Erdogan s’est enfin félicité des importantes réformes économiques qui ont permis de tripler le revenu moyen des quelque 75 millions de Turcs. Ces succès sont incontestables mais sont-ils durables ? C’est la question à laquelle Samim Akgonul, historien et politologue professeur à l’Université de Strasbourg répond RealAudioMP3
Propos recueillis par Marie Duhamel

 
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Publié par le novembre 8, 2012 dans Media

 

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Sosyal medyada Amerikan seçim show

Sosyal medyada Amerikan seçim show

 

 

 Gazeteciler, sanatçılar, modacılar, edebiyatçılar ve akademisyenler Amerikan seçimlerini değerlendirmek için sosyal medyada bir araya geliyor.

Başkanlık için Obama ve Romneyarasında kıyasıya bir seçim yarışı yaşanırken, iki aday arasındaki rekabet sadece Amerika’nın değil bütün dünyanın ilgisini çekiyor. 6 Kasım günü yapılacak seçimlere yaklaşırken Türkiye’de de konuyla ilgili ilginç bir sosyal medya olayı gerçekleştiriliyor.

Gazeteci Hıdır Geviş’in modere ettiği bu etkinlikte, Türkiye’de ilk defa Amerikan seçimleri sosyal medya üzerinden tartışılacak. Twitter ve Facebook üzerinden  canlı ve görüntülü olarak gerçekleştirilecek programa, sosyal medya kullanıcıları interaktif katılım sağlayıp soru sorabilecek, yorum yapabilecekler.

Programda Amerikan’ın farklı kentleri ile Avrupa ve Ortadoğu’nun farklı kentlerine canlı bağlantılar yapılacak. Bunun yanı sıra istanbul’dan da konuklar olacak.  Milliyet yazarı Aslı Aydıntaşbaş programa Amerika’dan katılacak, Vatan gazetesinden İlhan Tanır ve Sabah USA’dan Nur Özkan Erbat başkent Washington son verileri geçecekler. Grafiker Aram Bogosyan Los Angeles’daki seçim atmosferini tasfir edecek. Bir Wall Street çalışanı olan Kemal Birtek  New York’daki finans  sektörünün adaylara nasıl yaklaştığı ile ilgili değerlendirmeler yapacak.

İstanbul’dan gazeteci Işın Eliçin Amerikan seçimlerinin Türkiye’deki algılanışı ile olası  sonuçlarının 2 ülke ilişkilerini nasıl etkileyeceği konusunda yorum yapacak… Modacı Niyazi Erdoğan  adayların stillerini değerlendirirken, prof Ali Atıf Bir adaylar arasındaki iletişim tarzını ele alacak ve bu tarzı bizdeki politik liderlerle kıyaslayacak. Ressam Karolin Fişekçi adayları bir erkek figürü olarak ele alacak ve birbirleriyle kıyaslayacak. İş kadını Leyla Alaton seçimlerle ilgili küçük detaylardan sözedecek.  İstabul dışındaki illerden de bağlantı olacak: Asistan profesör Füsun Özerdem Muğla’dan Amerikan seçimlerini yorumlayacak. Yazar Buket Uzuner Amerikan seçimlerini dünyaya yayılan Obama hayranlığı üzerinden değerlendirecek.

Amerika ve Türkiye dışında önemli dünya kentlerinden de bağlantılar var. Londra’dan Prof. Alp Özerdem, Paris’den Prof. Samim Akgönül, Amsterdam’dan ekonomist Kaan Nazlı, Kopenhag’dan  Zaman gazetesi temsilcisi Emre Oğuz,  Kiew’den Türk Ukrayna işadamları yönetim Kurulu Başkanı Burak Pehlivan ve Moskova’dan Hakan Aksay, Erbil’den gazeteci Rebwar Kerim  bulundukları ülkelerde seçimlerin nasıl karşılandığını ve bu konudaki beklentileri aktaracaklar.

Amerikan Seçim Show’a başka sürpriz isimlerin de katılması bekleniyor.

 
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Publié par le novembre 4, 2012 dans Media

 

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