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15
mar

Harem : un mot qui a un sens probablement dans toutes les langues, à travers l’espace et le temps. C’est un concept universel, toutes cultures et civilisations comprises : une fascination, des pratiques, des règles pour mettre de l’ordre dans l’univers des rêves. Un fantasme absolu de désir, d’imaginaire et de symbolique dont la réalité nous échappe. Mythe ou légende ? Les mythes nous renvoient à l’origine des choses ou des pratiques ; les légendes tressent les récits qui relèvent à la fois de l’histoire et des mythes. De la reine Sémiramis à la danse des sept voiles de Salomé ; de la Schéhérazade des Mille et Une Nuits au monumental Rêve dans le pavillon rouge chinois de Cao Xueqin – désignant le gynécée, le rouge étant la couleur « de l’intérieur et du bonheur » -, on trouve sous toutes les latitudes et en tout temps ce temple de la domination masculine que représentent le harem et ses avatars. Le harem du palais de Topkapi, à Istanbul, à la « pointe du Sérail », fait certainement partie de ces « lieux numineux » chers à Georges Dumézil : des lieux « habités », « investis » par un esprit, par la mémoire d’un autre temps à jamais disparu. Observez la longue file d’attente qui bat la semelle tous les jours (sauf le mardi, jour de fermeture mais aussi jour néfaste à Istanbul, fatal depuis la chute de Constantinople). Paradoxe… Paradoxe aussi est de constater qu’en ces temps où les féminismes tentent de tracer leurs voies, la grande majorité des visiteurs soit des femmes. Secrets et mystères : est-ce ce qui fascine et excite les esprits ?